
Depuis l’enfance, la montagne l’appelle. À 11 ans déjà, skis aux pieds, elle navigue entre ski alpin et ski de fond, portée par des parents amateurs de longues traces nordiques. Puis vient le Club Alpin Suisse, et avec lui l’ouverture à un univers plus vaste : celui des sommets, de l’engagement, de la progression et du respect du milieu. Peu à peu, ce qui n’était qu’un terrain de jeu devient un espace de vie, puis une évidence. À la sortie du collège pourtant, Emilie s’imagine d’abord un autre chemin. Attirée par le monde du tourisme et de l’événementiel, elle choisit l’école hôtelière, avec l’envie d’organiser des événements sportifs. Mais sur le terrain, les activités de montagne prennent toujours plus de place. L’appel est trop fort. Elle devient d’abord accompagnatrice en moyenne montagne, avant de poursuivre sa route vers le métier de guide de montagne.
Aujourd’hui âgée de 36 ans, Emilie parle de la montagne comme d’une passion indissociable d’elle - même, quelque chose dont elle ne pourrait se défaire. De ce lien est née une vocation, patiemment construite, jusqu’à l’obtention d’un titre encore rare : en septembre 2025, elle est la 49e femme en Suisse à devenir guide de montagne, inscrivant son nom dans une lignée ouverte en 1986 par la pionnière Nicole Niquille.
Lorsqu’on lui demande ce qui la fait vibrer dans l’accompagnement en montagne, Emilie se confie : « Je pense que c’est le partage des émotions liées à l’effort physique, à l’émerveillement, au paysage. C’est vraiment le côté relation humaine.» Lorsqu’on l’interroge sur un lieu qui lui tient particulièrement à cœur au Val d’Anniviers, son coup de cœur se trouve là - haut, parmi les sommets de plus de 4 000 mètres, sur l’arête nord du Zinalrothorn. Pour elle, cette ascension réunit tout ce qui fait la beauté de la montagne : une esthétique saisissante et une accessibilité qui permet le partage. L’arête n’est pas excessivement technique, ce qui la rend abordable pour les clients, tout en offrant une expérience alpine complète, aérienne et engagée. Pas à pas, la progression se fait au cœur de la Couronne impériale, entourée de sommets mythiques, dans une ambiance à la fois grandiose et intime.
Pour Emilie, le Val d’Anniviers est une vallée restée authentique. Des petites stations qui ont su garder le charme des vieux villages et une vraie vie à l’année, tout en offrant des infrastructures sportives dignes des grandes destinations alpines.
Au Val d’Anniviers, les disciplines suivent le rythme des saisons. L’hiver est dédié au freeride, à la glace et au ski de randonnée, tandis que l’été met à l’honneur l’alpinisme et l’escalade. Des secteurs rééquipés et développés permettent une pratique accessible à tous les niveaux, illustrant la richesse et la vitalité de la vallée.
À celles et ceux qui hésitent, que ce soit à se lancer dans les métiers de la montagne ou simplement à oser une sortie, Emilie invite avant tout à s’informer et à se faire accompagner. Aujourd’hui, les outils existent pour évaluer son niveau et ses capacités, et la montagne offre des itinéraires magnifiques à tous les niveaux. Mais parce que tout dépend des conditions, elle souligne l’importance de l’expérience et de l’encadrement : se former auprès d’un accompagnateur ou d’un guide permet de gagner en sécurité et en autonomie. Le rôle du professionnel est justement là : écouter des envies parfois larges, comprendre un niveau, et proposer des sorties adaptées.