Les Mougettes en route

Au cours des saisons, le paysan d’Anniviers est condamné à «remuer » (déménager) constamment. Il possède en effet prés, vignes et jardins dans la plaine ; prés, champs et bois vers le village ainsi que des pâturages dans les « mayens ». Tout le monde remue : le curé de la paroisse, les autorités, les villageois et les écoles.

Plan du Parcours Historique de St-Jean

«Il vaut la peine de s’arrêter pour voir passer un convoi de remuage. Sur le char, on s’est ingénié à installer tant bien que mal les enfants, le grand-père et la grand-mère, le chat, un coq, les poules, la chèvre et un petit porc, du bois, de la paille, des vivres, quelques ustensiles en bois, et les habits du dimanche pour se faire beau à Sierre. Les jeunes suivent le char avec le troupeau. »
(« Le remuage. Mœurs et coutumes d’Anniviers». Annales valaisannes, Monnier)

Les «Mougettes» (mulots), surnom donné aux habitants de Saint-Jean, se déplacent en même temps que ceux des autres villages, jusqu’au milieu du siècle dernier.

Le sentier muletier crée des opportunités de rencontres entre les jeunes gens et des alliances bienvenues.

L’histoire des voies de communication de la vallée est indissociable de celle de ses habitants qui sont, comme l’étymologie probable d’Anniviers le laisse supposer, toute l’année sur les routes.

Selon Bernard Crettaz, « l’épanouissement de la route correspond à la perte de la communauté au profit de l’individualisation». Le développement des voies de communication, avec l’arrivée de la route carrossable, va faire évoluer le comportement des habitants de la vallée. L’Anniviard va se sédentariser.